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Un peu de lecture

Cette page est encore en construction.  À vrai dire, je pense qu'elle le sera toujours.

Il y a beaucoup de textes que vous pouvez trouver en ligne en fouillant un peu.
En ce moment, vous pouvez par exemple lire sur le sit ONLiT ma nouvelle Un soir d'été. Il suffit de cliquer ici.

En attendant, voici un premier texte, pour les impatients, c'est le début d'un petit bouquin que j'aime beaucoup : "Le poète fait sa pub" aux :

C’est ainsi que ça commence

La poésie ne peut pas rester aux seules mains des poètes : ces types-là ne savent pas ce qu’ils font.
A force de jouer avec les mots dans son coin, comme un adolescent découvre les plaisirs solitaires, le poète finit par devenir sourd au monde qui l’entoure.
(et le lui rend bien).
Poète, à table ! crie la mère du poète.
Le poète solitaire se lave les mains, descend dans la cuisine et se met à table.
Le voilà assailli : étiquettes criardes, céréales bariolées, slogans sur la bouteille de bière, jingle à la radio, écran de pub au milieu du JT. Le poète s’en fout, il attend de remonter dans sa chambre pour écrire le monde plein d’oiseaux, de levers de soleil et de jeunes filles assises au bord des puits.
Qu’il aille à la merde.
Qu’il s’y enfonce.
Par les pieds, d’abord, puis les genoux et les mains. Le stylo embourbé pour de bon. La vase jusqu’aux dents. Que seul son chant s’échappe et monte vers l’azur, où les oisillons lui chieront dessus.
Le monde n’attend pas.
Pendant que le poète cherche l’inspiration, Coca-Cola a placé trois distributeurs de boissons dans des écoles primaires. Mc Donald’s a tronçonné quelques hectares de forêt tropicale. Halliburton a revendu des millions de litre de pétroles aux types qui les ont puisés.

C’en est assez, dit le poète.
Il voudrait sortir de là.

Mais c’est trop tard.
Personne ne l’écoute.
Il n’y a que les publicitaires qui ont droit à la parole de masse.

Je ferai la pub, dit le poète.
Et il sort de la merde en y laissant ses lauriers.


Que se passe-t-il ensuite ?

Le poète est tout nu, il a mauvaise haleine. Sa parole est de feu, de boue et de gravier.
Dans un monde de plumes, de putes et de néons, ses mots sont des boulets qui l’empêchent de boulotter.
Au prix du mètre carré d’affichage, de la minute de diffusion, les mots sont calibrés : pas une tête qui dépasse, pas un pet égaré. Les connards à lunettes rient du poète effaré. On le remballe gentiment avec des pieds au cul et des promesses qu’on jette à la corbeille dès la porte fermée.
Pendant que le poète s’en va de seuil en seuil, Pampers a inventé un processus antifuite révolutionnaire (le quatrième cette année), Chacha a réjoui des milliers de papas, la Smap est devenue Ethias, BBL ING, la Générale Fortis, Raider Twix et Monsieur Propre s’écrit Proper.
Le poète ne parle pas flamand. Et encore moins anglais.
Pas de ces langues-là dans son poème à lui.
Il ne change pas de nom, lui, c’est celui de son père qu’il a gravé sur son t-shirt.
Il n’y a pas de copyright sur les prénoms.
Made in Baudelaire, 1857 ?
Sa marque de fabrique, c’est le défaut de fabrication.
Le style, qu’on dit aussi.
Le monde continue de tourner, les marques de marquer, le cash de s’exposer.
Alors le poète se pend, et tout s’arrête ici.



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